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Raffaella Longoni
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Des partis populistes, et même le nouveau président des Etats-Unis, ont fait leurs choux gras de la décision britannique et souhaitent que d’autres membres de l’Union emboîtent le pas. Pour ceux qui ont voté contre le Brexit, le terme est devenu un repoussoir, pour les partis populistes européens il est devenu un étendard, un modèle à imiter. Dans ce déferlement médiatique, les commentaires et conjectures des économistes ont occupé une place de choix : comment évolueront le cours de la monnaie britannique et le coût de la vie au Royaume-Uni, quelles seront les réactions des investisseurs ou les conséquences pour la place de la City de Londres ? Autant de questions qui n’ont pas encore reçu de réponse claire au moment où s’ouvrent les négociations prévues par l’article 50 du traité de Lisbonne.

Londres a dû mobiliser une cohorte d’experts pour ces négociations, des centaines d’autres sinon davantage seront nécessaires pour renégocier, pour le compte du Royaume-Uni, le millier d’accords bi- et multilatéraux de l’Union européenne. Une tâche gigantesque, que Londres a probablement sous-estimée. De son côté, le négociateur en chef de la Commission pour le Brexit, Michel Barnier, a mis en place sa task force d’experts hautement qualifiés pouvant s’appuyer sur l’expertise des différentes directions générales de la Commission1.

Curieusement, les commentateurs se sont moins intéressés à la dimension extérieure des effets du Brexit : en quoi celui-ci affectera-t-il la place du Royaume-Uni et de l’Union européenne dans le monde ? Et pourtant, cette dimension extérieure ne manque pas d’importance. Il est clair que le départ d’un de ses plus grands Etats membres - avec notamment son potentiel militaire et son vaste réseau diplomatique – modifiera le poids de l’Union européenne et son influence dans le monde. Certes, le Royaume-Uni, qui a toujours donné la préférence à l’OTAN en matière de sécurité, n’a jamais été un adepte fervent d’une défense européenne, il a peu contribué à la Politique de sécurité et de défense commune (la PSDC, titre V du traité de Lisbonne), il a même freiné cette politique, qui en est toujours à ses balbutiements. Il ne s’est pas davantage manifesté comme un soutien du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), le service diplomatique de l’Union européenne2. Cela fait dire à certains commentateurs que le Brexit, qui exclura le Royaume-Uni des instances compétentes du Conseil en matière de défense et en matière étrangère et qui le privera de la possibilité de bloquer des initiatives qu’il n’approuve pas, sera maintenant l’occasion, pour les Vingt-Sept, de relancer cette politique de défense avec de meilleures chances de succès. Il n’en reste pas moins que le Brexit privera la PSDC des importantes capacités militaires d’un Etat membre à un moment où de nouveaux défis, tels que le terrorisme, se présentent à l’Union européenne. Certains se demandent donc si le jeu est véritablement gagnant pour l’Union.

Nous savons, bien entendu, que le Royaume-Uni est, depuis plus de quarante ans, du fait des nombreuses dérogations et exemptions dont il bénéficie3, un membre sui generis de l’UE. En quittant l’Union européenne, il se libérera de l’ensemble de ses obligations en matière de politique étrangère et de défense, mais il ne siégera plus à la table du Conseil européen, du Conseil Affaires étrangères ou des autres formations du Conseil de ministres et sera ainsi tenu à l’écart de toutes les décisions prises par l’Union. On a encore du mal à l’imaginer. Mais, dans une vision optimiste, on peut penser que son départ pourrait être l’occasion, pour l’Union européenne, de trouver une nouvelle homogénéité, voire un nouveau souffle. En attendant, dans les négociations qui démarrent, les Britanniques, qui peuvent être de redoutables négociateurs, chercheront à obtenir les arrangements les plus favorables pour leur pays. Une partie de bras de fer commence. Les partisans britanniques du Brexit estiment que celui-ci n’entamera ni le potentiel, ni le rayonnement du Royaume-Uni sur la scène internationale : le pays restera l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l’une des neuf puissances nucléaires4, il continuera à participer aux réunions du G75, la langue anglaise gardera son rôle de langue internationale et les universités britanniques leur excellence. Il reste à voir si leur pays, dont le souverain était autrefois, comme on disait, à la tête d’un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais, pourra encore rivaliser tout seul avec les géants qui se disputent les premières places sur la scène mondiale. Dans ce jeu d’échecs, il compte sur ses « relations spéciales » avec son traditionnel allié américain, mais celui-ci, avec son nouveau président, pensera d’abord à ses intérêts propres.

  1. Cette « dream team » est installée au cinquième étage du Berlaymont.
  2. Dans le cadre des discussions du Conseil sur l’organisation et le fonctionnement du SEAE, le Royaume-uni s’était vivement opposé à la création d’un poste de ministre européen des affaires étrangères.
  3. Cf l’Ecrin n° 76, page 12
  4. Etats-Unis, Russie, France, Chine, Royaume-Uni, Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord.
  5. Ce groupe de discussion économique réunit les dirigeants des Etats-Unis, du Japon, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et du Canada (la Russie étant actuellement suspendue) ainsi que la Commission européenne et le Conseil européen.