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Raffaella Longoni
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Il y a quelques jours les Italiens au Conseil de l’UE, suite aux réserves de la Commission sur le projet de budget italien 2017 ont montré leur mécontentement en s’abstenant sur le vote du budget de l’UE qui a fait l’objet d’un accord entre le Conseil et le PE1. Le gouvernement a également menacé de s’opposer au réexamen/révision à mi-parcours du cadre pluriannuel 20 142 020, décision qui nécessite un vote à l’unanimité des 28 EM.

La Commission annonce toutefois que la flexibilité est possible notamment pour les dépenses concernant les tremblements de terre et l’accueil des réfugiés qui débarquent en masse sur les côtes italiennes. La bataille des chiffres fait rage autour du déficit budgétaire qui devrait diminuer pour commencer à réduire une dette atteignant 132,7 % du PIB (PIL en italien) en 2015. Dans ce climat tendu, les Marchés réagissent et le « spread2» fait à nouveau parler de lui.

Difficile de suivre et de comprendre ce qui se passe surtout dans les médias italiens, car la Commission distribue les bons points (rares) et les remontrances (plus nombreuses) sur les projets de budget des EM de la zone euro.

Elle a épinglé mercredi huit pays, dont l’Italie et la Belgique, sur leurs projets budgétaires 2017, leur enjoignant de faire des efforts sous peine de sanctions… jamais appliquées. Au final, cinq pays seulement, sur les 19 de la zone euro, sont en conformité totale avec le Programme de Stabilité et de Croissance (PSC), qui fixe une limite de 3 % du PIB pour le déficit et de 60 % pour la dette : l’Allemagne, l’Estonie, les Pays-Bas, la Slovaquie et le Luxembourg. Dans sa communication, la Commission fait pourtant preuve de souplesse en invitant les bons élèves de la zone euro, comme le Luxembourg, les Pays-Bas et surtout l’Allemagne, à « dépenser et investir jusqu’à 0,5 % du PIB de la zone euro prise dans son ensemble, dans l’intérêt de tous », afin de soutenir la reprise. C’est pourquoi le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, s’est félicité sur la RAI de voir l’Europe abandonner « à moitié l’austérité ». « On demande aux pays qui ont des marges budgétaires qu’ils en fassent usage et c’est une grande victoire de l’Europe, que l’Italie revendique », a-t-il dit. Le problème c’est que l’Italie ne figure pas parmi les bons élèves !

En réalité, cette « crise » d’euroscepticisme gouvernementale si inhabituelle pour l’Italie est largement motivée par une difficile campagne engagée depuis plusieurs mois sur un référendum constitutionnel dont l’issue est devenue un enjeu majeur !

Une grande bataille politique se déroule autour de la réforme majeure dite « Riforma Renzi/Boschi, Riforma della Costituzione Italiana », visant à assurer plus de stabilité gouvernementale au pays3. Cette réforme, la plus importante de l’après-guerre, prévoit entre autres de mettre fin au bicamérisme parfait existant actuellement, tout en réduisant les pouvoirs du Sénat4.

Après des mois d’aller-retour entre les deux chambres, elle a été approuvée en janvier au Sénat et en avril 2016 au Parlement. Toutefois, la constitution italienne le prévoyant5, une « richiesta di referendum popolare » a été lancée le 8 août dernier.

Après de nombreuses péripéties politico-juridiques, le vote du référendum a été fixé au 4 décembre. Matteo Renzi a — trop — rapidement annoncé qu’en cas d’échec il démissionnerait. Immédiatement, l’opposition a fait de l’échec du « si » un objectif à atteindre, pour provoquer la chute du chef du gouvernement et remplacer « il premier » !

Ensuite, le message du « premier » s’est fait plus nuancé, pour finir, quelques jours avant le vote, par reprendre la menace de sa démission… que l’opposition gouvernementale attend. Par ailleurs, la majorité des observateurs confirment que Matteo Renzi pourrait difficilement ne pas démissionner de son poste de chef du gouvernement en cas d’échec du référendum. Pour corser le tout, les partisans du « no » se trouvent aussi bien au sein de l’aile gauche du Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi que dans les autres partis d’opposition de droite et de gauche ou du Mouvement « cinq Stelle ».

Un sondage fin novembre donnait le « si » et le « no » au coude-à-coude avec un léger avantage pour ce dernier. La campagne s’intensifie et le climat politique se tend en cette fin novembre. Matteo Renzi fait le tour de tout le territoire de la Péninsule pour tenter d’arracher une victoire à ce référendum.

L’enjeu de ce référendum pousse Matteo Renzi à se fâcher avec « Bruxelles » pour tenter d’arracher des marges de manœuvre budgétaires pouvant donner avant le vote le signal du desserrement de l’étau de l’austérité. Il tente ainsi de démontrer que les défenseurs — de tous les horizons politiques — du « no » ont tort de prétendre que l’Italie n’est pas maître chez elle et qu’elle dépend de Bruxelles.

Ce n’est pas parce que les médias européens sous-estiment le résultat du référendum qu’il faut en ignorer les conséquences. La situation politique italienne est très préoccupante avec la montée des extrémistes et l’absence de leader alternatif qui pourrait fédérer des coalitions de gouvernement. La situation économique6 ne l’est pas moins. En cas de victoire du « no », l’Italie risque de plonger à nouveau dans l’ère de l’instabilité gouvernementale et de devoir tenir des élections anticipées. Dans ce cas, effectivement, la question financière du budget, du déficit et de la dette publique redeviendra un véritable sujet européen de préoccupation. Compte tenu de l’importance de la dette souveraine, un nouveau « front italien » ouvert dans la zone euro serait catastrophique !

Conclusions : L’issue du référendum sera cruciale, non seulement pour le sort politique du « Premier » Matteo Renzi, mais aussi pour les Italiens et pour l’Europe ! Quand ce VOX 105 sortira, le résultat du référendum sera connu !

(1) 157,88 milliards d’euros en crédits d’engagements et 134,49 milliards d’euros en crédits de paiement.

(2) « Spread » est une parole de la langue anglaise que l’on peut traduire dans le domaine financier par la parole différentiel (differenziale). Le « spread » indique la comparaison entre deux titres de la même nature qui sont normalement des obligations dont l’une sert de référence. Un des « spread » le plus connu est celui existant entre l’obligation décennale allemande et le titre identique émis en Italie. La différence de rendement des bons du Trésor public italiens et celui allemand indique exactement le « spread » qui représente pour les investisseurs un paramètre clé dans le choix d’investissement en titre de la dette souveraine. Le titre décennal allemand est pris en référence pour les « spread » sur les dettes souveraines dans la mesure ou, actuellement, ces titres de l’État allemand sont les plus solides et ont les rendements les plus bas. Courant novembre 2016 il est passé en quelques jours de 138 à 185...!

(3) Il y a eu 60 gouvernements dans les dernières 70 années, non seulement à cause du bicaméralisme, mais aussi des règlements électoraux rendant impossible une majorité stable.

(4) En résumé, la réforme prévoit que le Sénat ne comptera plus que 100 élus contre 315 actuellement, ne votera plus la confiance au gouvernement et ne s’occupera que d’un nombre limité de lois. Le gouvernement pourra aussi demander une procédure accélérée à la Chambre des députés pour certaines lois qu’il juge urgentes, obligeant ainsi les élus à se prononcer sur la loi en question dans un délai de 70 jours, ou 95 jours pour les documents particulièrement complexes. Elle prévoit également une réorganisation des responsabilités entre l’État et les régions ainsi que la suppression du « Consiglio nazionale dell'economia e del lavoro ». Indirectement liée à ce projet de réforme une nouvelle loi électorale prévoit un nouveau système appelé « Italicum » donnant un bonus « de gouvernement » aux coalitions de partis arrivées en tête des élections législatives.

(5) Article 138 de la constitution italienne.

(6) Déficit/PIB = 2,6 % (moyenne Zone euro : 2,1 %)
Dette publique/PIB = 132,7 % (Moyenne Zone euro : 90,7 %)
Dette publique = env. 2200 mios d’euros
Inflation = - 0,1 % (moyenne zone euro : 0,5 %)
Taux de chômage = 11,4 % (moyenne zone euro : 10,1 %)
Croissance du PIB = 0,8 % (moyenne zone euro 1,7 %)
Pourcentage de la population de l’UE : 12 %
Contribution nette à l’UE : 3,2 milliard d’euros
(Sources diverses pour 2014, 2015 ou 2016)