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Raffaella Longoni
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Un peu d’histoire

L’idée d’une fédération européenne remonte au 18e siècle. Je me suis permis de reproduire un texte tiré des archives de l’UEF2, dont j’ai traduit l’original anglais (disponible à la demande).
« Le fédéralisme européen puise ses racines en premier lieu dans la philosophie des Lumières et les idées d’Immanuel Kant et plus tard dans celles de Pierre-Joseph Proudhon. Il tire son inspiration de la fondation des États-Unis d’Amérique et des essais d’Alexander Hamilton, James Madison et John Jay publiés dans la revue “The Federalist”, qui plaidaient pour l’adoption de la première constitution fédérale de l’histoire. Ce n’est toutefois qu’au début des années 1940 que le fédéralisme allait inspirer de nouveaux mouvements appelant à l’unité politique de l’Europe.
C’est en 1795, moins de dix ans après que fut rédigée la Constitution marquant la naissance des États-Unis d’Amérique, que le philosophe Immanuel Kant exposa ses idées sur la manière d’éviter la guerre et d’assurer une “paix perpétuelle” par le groupement des États — nations au sein d’une fédération et le transfert de leur souveraineté vers une puissance publique supérieure. Un demi-siècle plus tard, en 1851, Proudhon fit la critique de l’État-nation en tant que forme d’organisation politique et préconisa le fédéralisme en tant que mode d’articulation du pouvoir à différents niveaux de gouvernement. La même année, les appels de Victor Hugo à la création des États-Unis d’Europe trouvèrent un large écho dans les milieux intellectuels européens. Cependant, alors que les États-nations et le nationalisme étaient à l’apogée de leur splendeur et vus comme une garantie de la liberté, de la démocratie et du bien-être de leurs peuples et de leurs empires d’outre-mer, l’idée d’une Europe unie était bien en avance sur son temps.
Au début des années 1930, la division de l’Europe entre États-nations allait montrer toutes ses faiblesses et entraîner le continent vers la dépression économique et l’émergence du nazisme et du fascisme. C’est à ce moment qu’apparaît en Grande-Bretagne l’«école fédéraliste anglo-saxonne » et, en novembre 1938, la « Federal Union » — qui allait devenir des années plus tard la section britannique de l’UEF — fut constituée et commença à faire campagne en faveur du fédéralisme et de l’unité politique de l’Europe. Leurs idées fédéralistes furent largement soutenues par les principaux journaux, dirigeants politiques et milieux universitaires. Deux ans après sa création, la « Federal Union » comptait 12 000 membres et 225 sections à travers tout le pays.
À la fin des années 1930, un peu par hasard, certains ouvrages de la « Federal Union » allaient devenir une source d’inspiration de ce premier mouvement politique fédéraliste indépendant. En 1939, le journaliste, et futur président de la République italienne, Luigi Einaudi, envoya un certain nombre d’ouvrages fédéralistes à Ernesto Rossi, qui, avec un jeune Italien du nom d’Altiero Spinelli, était incarcéré sur l’île de Ventotene. Les idées exposées dans ces livres allaient inspirer le « Manifeste de Ventotene ». Au cours des dernières années de la Seconde Guerre mondiale, des mouvements convaincus de la nécessité d’une fédération politique de l’Europe virent le jour dans nombre de pays européens. Ils se groupèrent par la suite au sein de l’Union européenne des fédéralistes (appelée plus tard Union des fédéralistes européens) à Paris en 1946 marquant ainsi le début de 70 ans de campagne en faveur d’une Europe fédérale. »

Après la naissance de l’UEF

L’UEF est née le 15 décembre 1946 à Paris. Qui, mieux que Jean-Pierre Gouzy3, pionnier de l’ambition d’une Europe fédérale, aurait pu décrire les circonstances entourant la naissance du mouvement. Je reproduis ce récit ci-après en annexe, avec l’autorisation de l’auteur, sous le titre « Le témoignage d’un cofondateur ».

Comme tant d’autres associations, où du choc des idées jaillit souvent l’étincelle, l’histoire de l’UEF, tant au niveau international ou plutôt « supranational » qu’à celui des sections nationales, ne fut pas un long fleuve tranquille. Entre le premier Congrès de l’UEF, tenu à Montreux (Suisse) et le 25e Congrès en juin 2016 à Strasbourg, que de péripéties internes (scissions, nouvelles appellations, recomposition) face aux transformations, aux succès, mais aussi aux échecs de l’Europe communautaire » ! Ces évolutions sont décrites dans un des ouvrages de Jean-Pierre Gouzy, paru en 1968, « Les pionniers de l’Europe communautaire » 4, auteur auquel nous devons également une magistrale « Histoire de l’Europe 1949-2009 » 5 L’UEF-France a organisé à Paris le 3 décembre dernier un colloque pour les 70 ans de l’UEF. Quel chemin parcouru ! Faute d’avoir pu convaincre certains de nos décideurs, les thèses de l’UEF n’en ont pas moins été l’aiguillon de nombre d’initiatives et décisions prises par les instances communautaires. Nous aurons sans doute l’occasion de faire le point sur ce sujet, dans un prochain numéro de VOX, à l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire de la signature des traités de Rome (CEE et CEEA) le 25 mars 1957. Nous verrons qu’à maintes occasions, les thèses fédéralistes de l’UEF ont été en quelque sorte « la mouche du coche » de l’attelage intergouvernemental, qui persiste à diriger l’Europe communautaire selon une ambiguë « méthode de l’Union ». Quoi qu’il en soit, l’UEF, pour reprendre les termes de la présentation du Colloque du 3 décembre, « regarde l’avenir avec la même vision et le même objectif final que ceux des premiers fédéralistes européens ». Maintenant comme naguère, les membres de l’UEF – adhérents des sections nationales et de la section « Groupe Europe », qui réunit des fonctionnaires et autres agents des institutions de Bruxelles et de Luxembourg — rêvent d’une Europe fédérale, unie sur le plan politique et capable d’assurer la paix et la prospérité aux générations futures, et s’engagent à rassembler les citoyens d’Europe autour de cet objectif ».

Quelques autres mouvements européistes ou fédéralistes

Je dois à l’objectivité de citer — sans vouloir être exhaustif — d’autres mouvements, de tendances diverses entre la droite et la gauche, qui ont œuvré dans le sens de l’unification européenne. À tout seigneur tout honneur, je mentionnerai en premier lieu le Mouvement européen, créé en mai 1948 dans le sillage du Congrès de La Haye. Le Mouvement européen international (MEI), les organisations qui lui sont affiliées et ses antennes nationales constituent autant d’associations et de groupes de pression qui rassemblent des citoyens œuvrant à promouvoir l’intégration européenne. Le Mouvement est à l’origine de la création du Conseil de l’Europe en 1949. Plus à droite de l’échiquier des associations et davantage tournée vers l’Europe des patries chère au gaullisme se situait naguère l’Union paneuropéenne. Ce mouvement s’est réclamé un temps des idées du comte Richard de Coudenhove Kallergi et fut promu en Belgique par Pierre Nothomb et, au niveau européen, par le nostalgique duc Otto de Habsbourg, qui fut élu en 1979 au Parlement européen où il a siégé pendant 20 ans. Cependant, quittons le bottin mondain pour évoquer la contribution du « Forum permanent de la société civile européenne », animé tant d’années, entre autres militants, par notre ancien collègue et président du « Movimento Federalista Europeo » Virgilio Dastoli et par le regretté Philippe Grosjean, à la pensée et à l’action fédéralistes. Récemment, le Forum n’a pas ménagé ses efforts, dans le sillage des travaux de l’économiste Michel Aglietta, pour que les décideurs européens et, en particulier le Parlement européen, prennent conscience de la nécessité de la sortie de crise et d’une relance de l’économie européenne sous la forme d’un « New Deal pour l’Europe » (NewDeal4Europe). Le plan Juncker de soutien à l’investissement ne va-t-il pas dans ce sens ?

À la gauche « sociale-démocrate » de l’échiquier se situe un mouvement que je connais bien pour l’avoir longtemps fréquenté et même, assez récemment, animé avec d’autres : le Mouvement pour les États-Unis d’Europe-Gauche européenne. Les lectrices et les lecteurs de VOX me pardonneront une nouvelle et brève incursion dans l’histoire. Peu avant la tenue en 1947 à Montreux du 1er Congrès de l’UEF (voir plus haut) se tenaient en embuscade, d’abord à Paris en 1946, puis en 1947 à Londres (!), enfin à Montrouge (Paris), des militants idéalistes et motivés qui n’ambitionnaient pas moins, au sein de conférences d’un certain « Comité international d’études et d’action pour les États-Unis socialistes d’Europe » (sic), qui se transforma aussitôt en « Mouvement pour les États-Unis socialistes d’Europe » (MEUSE), d’engager les partis des gauches communistes et socialistes dans la construction d’une Europe fédérale. J’imagine que l’oxymore n’avait pas échappé aux animateurs et sympathisants du Mouvement, parmi lesquels je citerai les Français Marceau Pivert, Léon Blum, André Philip, le Britannique Bob Edwards, des Néerlandais, des Belges, des Italiens. C’était le temps béni des illusions : nombre de socialistes et de communistes occidentaux croyaient à la convergence de leurs idéologies, les partis communistes occidentaux refusant encore de reconnaître les pratiques totalitaires et les exactions du stalinisme. Le « Coup de Prague » de 1948 allait dessiller les yeux. Dès mai 1948, le MEUSE se transforme en MSEUE (Mouvement socialiste pour les États-Unis d’Europe) et adhère au Mouvement européen. Des sections nationales (Belge, Française, Allemande, Italienne sous l’appellation « Sinistra Europa ») sont constituées. En 1953 est éditée la revue du Mouvement « Gauche européenne » : le MSEUE fut dès lors appelé également « Gauche européenne » (ce qui ne facilite pas le travail de l’historien amateur que je suis). Le Comité de rédaction de la revue, dirigé par l’Espagnol Enrique Gironella, comporte des noms déjà célèbres ou qui le deviendront : l’Allemand Hermann L. Brill ; le Luxembourgeois Hubert Clément, les Belges Fernand Dehousse, Paul-Henri Spaak, le Néerlandais Van der Goes van Naters, les Français Gérard Jaquet, André Philip, l’Italien Mario Zagari. En 1971, le Mouvement change de nom : « Mouvement socialiste européen — Gauche européenne ». Au fil du temps, sous ces appellations diverses, la présidence de l’instance internationale voit défiler des noms prestigieux : les Belges Paul-Henri Spaak, Lucien Radoux, l’Italien Mario Zagari, le Français Gérard Jaquet, le Belge Raymond Rifflet (devenu un haut fonctionnaire de la Commission européenne et chef de cabinet du Président Jean Rey6), l’Espagnol Enrique Baron Crespo. En 2003-2005, nouvel avatar : le Mouvement est relancé sous l’appellation « Mouvement pour les États-Unis d’Europe — Gauche européenne », qui s’engagea en son temps, contre vents et marées, pour la « Constitution européenne ». Nous sommes restés plusieurs à assurer l’animation du Mouvement : Ludwig Schubert, Gianni Copetti, Catherine Vieilledent-Monfort et moi-même. Quant à la section belge, animée par l’avocat Karel Hagenaar, elle porte désormais le nom de « European Social Democratic Movement » (ESDM). Elle fut présidée un certain temps par l’ancienne députée européenne Véronique De Keyser.

En guise de conclusion

À l’occasion du 60e anniversaire du Mouvement pour les États-Unis d’Europe — coïncidant avec celui de l’UEF —, nous avons publié un livre7, qui constitue en quelque sorte le bilan de notre Mouvement. Nous pensions que l’heure était venue de concentrer désormais notre action sur l’UEF supranationale, sur ses sections nationales, dont les sections belge, française, allemande (Europa-Union Deutschland), italienne (Movimento Federalista Europeo - MFE), et d’autres et sur le « Groupe Europe ». L’esprit, les objectifs et les ambitions de notre Mouvement se perpétuent à travers notre engagement fédéraliste au sein de l’UEF. Au terme de ce parcours parallèle à celui de l’UEF, nous restons convaincus que l’appellation « Mouvement pour les États-Unis d’Europe - Gauche européenne » n’était pas un oxymore... bien que l’élection à la présidence des États-Unis d’Amérique d’un certain Donald Trump soit de nature à nous en faire douter...

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(1)L’UEF désignait à l’origine “l’Union européenne des fédéralistes”. Par la suite, le sigle UEF a désigné, sans doute sous l’emprise croissante de la langue anglaise, “Union of European Federalists” ou “Union des fédéralistes européens”. Il a donc été décidé de garder le sigle UEF, quitte à jouer sur cette ambiguïté linguistique.

(2)Based on a text by Sergio Pistone. Editors : Anton Lazarus, Laura Bringina, Paolo Vacca

(3)Jean-Pierre Gouzy est né le 3 juin 1925. Il est journaliste professionnel depuis 1946. Il fut délégué au Congrès de La Haye en 1948. Entre autres titres, il est président d’honneur de l’association des journalistes européens ; vice — président de l’UEF-France ; vice-président de la Maison de l’Europe de Paris ; secrétaire général du Centre international de formation européenne (CIFE) de Nice ; professeur à l’Institut européen des hautes études internationales à Nice et au Centre d’études diplomatiques et stratégiques à Paris. Jean-Pierre Gouzy a animé durant plus de trente ans les Colloques bruxellois « Réalités européennes du présent ».

(4)« Les pionniers de l’Europe communautaire » Centre de recherches européennes Lausanne (1968).

(5)« Histoire de l’Europe 1949-2009 » Éditions de Paris (2009).

(6)Raymond Rifflet a animé, avec la collaboration de Gianni Copetti, le « Cercle de réflexion transnational », lié au Mouvement de la Gauche européenne. Il nous a quittés le 1er décembre 1997.

(7)Gianni Copetti, Roger Vancampenhout, Catherine Vieilledent-Monfort « 1946-2006 – 60 ans à gauche pour les États-Unis d’Europe » (Éditions Labor et PAC).